Nouveau style sculpter avec des fils

L’idée de ma première sculpture en fil d’acier est venue à un moment ou mon imagination semblait avoir un passage à vide. Il n’en était rien, c’était une sorte de pose vers un autre univers créatif.

Eurêka du fil de coton au fil d’acier

Dans l’atelier, je tournais et retournais quelques morceaux de fil de fer, laissant le hasard créer un mouvement, une forme qui déclencherait quelque chose. Le désir, l’envie de faire une sculpture était là. Mes mains manipulaient le fer mais rien ne venait.

Puis mon regard s’est posé sur un vieux chiffon partiellement détricoté et j’ai aussitôt fait le lien avec le fil de fer.

J’avais toujours eu envie de faire une sculpture de buste. Ce dessein était présent dans ma tête depuis longtemps et j’attendais l’occasion.

Le long du fil d’acier

C’était parti pour une nouvelle aventure. Une première aventure de plus de 400 m de fil d’acier et de milliers de points de soudure pour cette sculpture d’un buste. ( Pour la sculpture de l’inconnueil en faudra un kilomètre)  Le tout sans structure pour lui donner sa forme. Tout en live comme on dit.

Je n’étais pas certain d’un résultat probant. Alors qu’elle était à peine terminée, un amateur d’art qui faisait chaque jour un tour à vélo s’arrêtait pour jeter un œil, impatient de voir la fin. Jusqu’au jour avant même le dernier coup de marteau, il pose une réservation sur cette sculpture en fil de fer. Il a eu la gentillesse de me la laisser quelque temps pour que je puisse  l’exposer dans quelques galeries et une dont je ne suis pas peu fier à Monaco.

Puis est arrivée l’idée pour  la sculpture de L’inconnue. C’est la  troisième sculpture en fil d’acier que j’ai faite.

Je comprenais que je pouvais ‘demander’ plus à ce fil de fer. Lui demander de faire des mouvements plus amples, moins rectilignes. Comme c’était l’époque des défilés de mode, le mouvement ample et souple des longues robes m’a inspiré.

Tisser les fils d’aciers comme du cousu main

Quelques photos sur le coin de l’établi, quelques croquis, une grosse commande de fil d’acier. Plus d’un kilomètre. Et hop, à mes outils de couturier, pinces, tenailles, marteaux, poste à soudure….

De fil d’acier en fil de fer, la robe a pris forme. Il faut imaginer qu’il n’y pas de structure comme guide d’où la difficulté de créer ce genre de sculptures. Tout est cousu main, la robe prend forme au fur et à mesure, sans patron.

Une énorme difficulté,  au début chaque fil de fer ne tient que par ‘magie’ ici une pince, là une tige de fer, encore ici un petit serre joint, un aimant… Au début, la sculpture est fragile et souple comme une étoffe. Il n’y a pas de structure.

Ce n’est que petit à petit, point de soudure après point de soudure que la sculpture devient quelque peu rigide et que je peux commencer à la tourner pour compléter le ’tissage’.

Au départ, elle est aussi ‘vide’ qu’une sculpture fil de fer de Calder. Je dois garder en mémoire et visualiser les volumes, les plis et les formes que je veux lui donner.

J »ai beaucoup aimé l’avoir dans mon showroom. Puis d’autres sculptures en fil de fer sont venues s’ajouter. La main, la femme enceinte, la danseuse, etc…